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Achat en ligne : vos droits face à un vendeur qui bloque

Un achat en ligne qui tourne mal se résume presque toujours à l'un de trois scénarios : le colis n'arrive pas, le produit est défectueux, ou un remboursement promis ne vient jamais. Dans les trois cas, la loi belge vous donne un levier précis — et un seul responsable : le vendeur.

Fondement juridique

Défaut de livraison — art. VI.43 CDE et art. 5.83 C. civ. (résolution et remboursement)

  • art. VI.43 du Code de droit économique
  • art. 5.83 du Code civil

L'action contractuelle se prescrit en principe par 10 ans (art. 2262bis, §1er de l'ancien Code civil). Vous avez le temps — mais agir vite facilite la preuve et met la pression.

Un seul responsable : le vendeur professionnel

Quel que soit votre problème, la première règle à retenir est la même : votre interlocuteur, c'est le vendeur qui a encaissé votre paiement — pas le transporteur, pas le fabricant, pas la plateforme de paiement. Quand un colis se perd, c'est le vendeur qui répond de la livraison jusqu'à la remise effective entre vos mains ; son litige éventuel avec bpost ou un autre transporteur ne vous concerne pas. Quand un produit tombe en panne, c'est le vendeur qui doit la garantie légale, même si la « garantie constructeur » est expirée.

Cette règle simple désamorce la tactique la plus répandue : le renvoi de balle. « Adressez-vous au transporteur », « contactez le fabricant », « c'est le service financier qui gère » — autant de façons de vous faire lâcher prise. Vous n'avez pas à courir après un tiers : vous avez un contrat avec le vendeur, et c'est à lui d'exécuter ses obligations. À lui, ensuite, de se retourner contre qui il veut.

Deuxième règle transversale : l'avoir imposé n'est pas obligatoire. Quand la loi vous donne droit à un remboursement — commande jamais livrée et vente résolue, remboursement promis puis jamais versé —, vous pouvez exiger le versement en argent. Un bon d'achat peut vous être proposé ; vous êtes libre de le refuser.

Les trois scénarios, et le droit qui s'applique à chacun

Colis jamais livré. Le vendeur professionnel est responsable de la livraison jusqu'à la remise du colis. Passé le délai convenu — ou, à défaut, un délai généralement fixé à 30 jours —, vous pouvez le mettre en demeure de livrer, puis résoudre la vente et exiger le remboursement intégral, prix et frais de livraison compris (art. VI.43 du Code de droit économique et art. 5.83 du Code civil). C'est le dossier le plus fort de la vente en ligne : tant que vous n'avez rien reçu, le vendeur n'a tout simplement pas exécuté sa part.

Produit défectueux. Tout défaut qui apparaît dans les deux ans de la livraison d'un bien acheté auprès d'un professionnel est présumé exister dès l'origine : c'est la garantie légale de conformité (art. 1649ter et suivants de l'ancien Code civil). Vous pouvez exiger la réparation, le remplacement ou, si cela échoue, le remboursement — sans frais. Le vendeur ne peut ni vous renvoyer vers la marque, ni vous facturer la mise en conformité.

Remboursement promis jamais versé. Une annulation actée, un remboursement confirmé par e-mail, un avoir arrivé à échéance : dès que la somme est due, elle constitue une dette exigible que le professionnel doit exécuter (art. 5.83 et 5.231 du Code civil). « C'est en cours de traitement » n'est pas une réponse : ce qui débloque ce type de dossier, c'est une échéance ferme, fixée par écrit.

La même méthode fonctionne dans les trois cas

Quel que soit le scénario, la mécanique qui débloque le dossier est identique. D'abord, une réclamation écrite : un e-mail clair, avec une demande précise et une date. Ensuite, si le vendeur ignore ou temporise, une mise en demeure fondée en droit : une lettre qui cite les articles applicables, décompose ce qui est dû, fixe un délai ferme de réponse — 15 jours en pratique — et part en recommandé. À partir de la mise en demeure, les intérêts au taux légal commencent à courir (art. 5.231 du Code civil ; 4 % en 2026) : chaque jour de silence coûte désormais quelque chose au vendeur.

Le dossier de preuves, lui aussi, est le même partout : la confirmation de commande, la preuve de paiement, et vos échanges écrits avec le vendeur (e-mails, chat). Ces trois pièces établissent que le contrat existe, que vous avez payé, et que le vendeur n'exécute pas malgré vos relances. Rassemblez-les avant d'écrire : c'est ce qui donne du poids à chaque étape, de la première réclamation jusqu'au juge de paix si nécessaire.

Chaque scénario a néanmoins ses subtilités — présomption de la garantie légale, preuve de la remise du colis, reconnaissance de dette dans un e-mail. Les trois guides détaillés liés à cette page les couvrent une par une ; et le diagnostic gratuit identifie en 2 minutes lequel correspond à votre situation, avec le fondement exact et la force réelle de votre dossier.

Votre plan d'action

  1. 1

    Identifiez votre scénario

    Jamais livré, défectueux, ou remboursement promis jamais versé : chaque cas a son fondement propre. Le diagnostic gratuit le qualifie en 2 minutes et vous dit franchement si le dossier tient.

  2. 2

    Réunissez trois pièces

    Confirmation de commande, preuve de paiement, échanges écrits avec le vendeur. Ce trio établit le contrat, le paiement et l'inexécution — il sert à toutes les étapes suivantes.

  3. 3

    Réclamez une fois par écrit

    Un e-mail suffit : demande précise (livraison, réparation ou versement), avec une date. Adressez-le au vendeur, pas au transporteur ni au fabricant. Gardez la trace.

  4. 4

    Passez à la mise en demeure fondée en droit

    Sans réponse, une lettre motivée citant les articles applicables, avec un délai ferme et votre IBAN, part en recommandé. Un litige sur quatre se règle à ce stade — et les intérêts courent.

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Questions fréquentes

Le vendeur me renvoie vers le transporteur. Dois-je le contacter ?+

Non. Le vendeur professionnel est responsable de la livraison jusqu'à la remise effective du colis entre vos mains. Son litige avec le transporteur ne vous concerne pas : votre contrat, et donc votre recours, c'est avec lui. Continuez à vous adresser au vendeur, par écrit.

Peut-on m'imposer un avoir plutôt qu'un remboursement ?+

Non, pas quand le remboursement vous revient de droit — vente résolue faute de livraison, ou remboursement déjà promis. Un avoir peut être proposé, mais vous pouvez le refuser et exiger le versement en argent, prix et frais de livraison compris quand la vente est résolue.

Le site vendeur est étranger. Ai-je encore un recours ?+

Souvent, oui — mais la réponse dépend du vendeur, de son établissement et de votre dossier. Plutôt que de vous donner une règle générale approximative, le diagnostic gratuit examine votre cas précis et vous dit honnêtement ce qui est jouable et par quelle voie.

Combien de temps ai-je pour agir ?+

L'action contractuelle se prescrit en principe par 10 ans (art. 2262bis, §1er de l'ancien Code civil). Attention toutefois : la garantie légale de conformité, elle, couvre les défauts apparus dans les 2 ans de la livraison. Dans tous les cas, agir tôt facilite la preuve et rend la pression plus efficace.

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