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Mise en demeure sans réponse : que faire maintenant

Vous avez envoyé une mise en demeure en bonne et due forme, le délai passe… et rien. Pas de paiement, pas même un mot. C'est frustrant, mais c'est un scénario prévu : le silence ne ferme aucune porte, il déclenche simplement l'étape suivante. Voici laquelle, et combien elle coûte réellement.

Fondement juridique

Mise en demeure — art. 5.231 C. civ. (sommation claire de payer)

  • art. 5.231 du Code civil
  • art. 731 Code judiciaire
  • art. 700 Code judiciaire

Votre créance contractuelle se prescrit en principe par 10 ans (art. 2262bis, §1er de l'ancien Code civil) : le silence du débiteur ne vous fait pas perdre vos droits. Mais rappel important : votre propre mise en demeure n'interrompt pas ce délai (art. 2244 §2 ancien C. civ.) — seule celle d'un avocat ou d'un huissier le peut.

Le silence est fréquent — et ce n'est pas une impasse

Première chose à savoir : un débiteur qui ne répond pas, c'est banal. Certains espèrent que vous abandonnerez, d'autres sont désorganisés, d'autres encore testent votre détermination. Le silence ne veut pas dire que votre dossier est faible ; il veut dire que la pression n'est pas encore suffisante. Or la mise en demeure n'était que le premier étage d'une fusée qui en compte plusieurs — et chaque étage suivant est plus difficile à ignorer que le précédent.

Commencez par vérifier que le délai est réellement écoulé. L'usage en B2C est de laisser 15 jours calendrier à dater de la réception présumée du recommandé — pas de l'envoi. Un débiteur qui a réceptionné la lettre un vendredi n'est pas « en retard » le lundi suivant. Tant que ce délai court, la bonne attitude est la relance mesurée : chez MonRecours, des rappels partent automatiquement à J+4, J+8 et J+12 après l'envoi, pour que le dossier reste sur le dessus de la pile sans que vous ayez à y penser.

Ces relances ne sont pas cosmétiques. Beaucoup de paiements arrivent précisément entre la première lettre et l'expiration du délai, quand le débiteur comprend que le dossier est suivi par un système, pas par un particulier qui finira par se lasser. Un litige sur quatre se règle d'ailleurs au stade de la mise en demeure — souvent grâce à cette insistance méthodique.

Après le délai : la conciliation gratuite, puis la citation

Le délai est passé, toujours rien ? L'étape suivante ne coûte rien : la conciliation devant le juge de paix (art. 731 du Code judiciaire). La demande est simple, aucun avocat n'est requis, et elle est même exemptée de la contribution de 26 € au fonds d'aide juridique qui frappe les procédures ordinaires. Le juge convoque votre débiteur pour chercher un accord. Recevoir une convocation de la justice de paix a un tout autre poids qu'un courrier de plus : c'est souvent le moment où le silence se rompt.

Si la conciliation échoue ou si le débiteur ne s'y présente pas, reste la voie contentieuse. Pour un consommateur qui agit contre une entreprise, le mode d'introduction de droit commun est la citation par huissier (art. 700 du Code judiciaire) — la requête simplifiée n'est ouverte que dans les cas prévus par la loi, essentiellement le contentieux locatif, pas pour une créance ordinaire. Comptez à titre indicatif 300 à 450 € de frais d'huissier pour la citation.

Devant le juge de paix, vous pouvez comparaître en personne : l'avocat n'est pas obligatoire (art. 728 du Code judiciaire). Et tout le travail accompli en amont sert : la mise en demeure restée sans réponse, les relances datées, le procès-verbal de non-conciliation — chaque étape ignorée par le débiteur devient une pièce qui joue contre lui.

Le calcul froid : coût contre enjeu, étape par étape

Avant d'escalader, posez les chiffres. La conciliation est gratuite. La procédure au fond, elle, coûte 26 € de contribution au fonds d'aide juridique à l'inscription au rôle, plus 50 € de mise au rôle perçus à l'issue — à charge de la partie qui succombe —, et les 300 à 450 € d'huissier si une citation est nécessaire. Face à une créance de 300 €, la citation mérite réflexion ; face à une créance de 3 000 €, elle est presque toujours rationnelle. C'est un calcul froid, et il vaut mieux le faire les yeux ouverts que découvrir les frais en cours de route.

N'oubliez pas non plus ce qui joue pour vous : la mise en demeure fait courir les intérêts au taux légal — 4 % en matière civile pour 2026, un taux publié chaque année —, en principe à dater de la mise en demeure. Chaque mois de silence alourdit donc la note de votre débiteur, pas la vôtre. Et le temps ne presse pas outre mesure : la prescription contractuelle de droit commun est de 10 ans.

Une seule prudence sur ce dernier point : n'imaginez pas que votre lettre a « remis le compteur à zéro ». La mise en demeure d'un particulier n'interrompt pas la prescription (art. 2244 §2 de l'ancien Code civil) ; seule celle d'un avocat ou d'un huissier produit cet effet. Si votre créance est ancienne, tenez-en compte dans votre calendrier — c'est exactement le genre de point que le diagnostic MonRecours vérifie avant de vous recommander une voie.

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Votre plan d'action

  1. 1

    Laissez le délai courir, en relançant

    Le débiteur dispose de 15 jours calendrier à dater de la réception présumée du recommandé. Pendant ce délai, MonRecours relance automatiquement à J+4, J+8 et J+12 : beaucoup de paiements arrivent à ce stade.

  2. 2

    Faites le point coût contre enjeu

    Conciliation : 0 €. Procédure : 26 € puis 50 € de frais de rôle, et 300 à 450 € d'huissier si une citation s'impose. Rapportez ces montants à votre créance avant de décider — froidement.

  3. 3

    Demandez la conciliation gratuite

    Une demande simple auprès du juge de paix, sans avocat et exemptée de la contribution de 26 €. La convocation officielle suffit souvent à rompre le silence du débiteur.

  4. 4

    Faites citer par huissier si nécessaire

    Sans accord, la citation (art. 700 C. jud.) introduit le procès. Vous comparaissez en personne si vous le souhaitez : l'avocat n'est pas obligatoire devant le juge de paix. Votre dossier — lettre, relances, non-conciliation — est déjà prêt.

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Questions fréquentes

Aucune réponse après 15 jours : dois-je renvoyer une deuxième mise en demeure ?+

En général, non. Multiplier les lettres identiques affaiblit le signal : le débiteur comprend que vous hésitez à escalader. Mieux vaut passer à l'étape suivante — la conciliation gratuite devant le juge de paix — qui montre que vous exécutez ce que la lettre annonçait.

Le silence du débiteur me fait-il perdre mes droits ?+

Non. Votre créance contractuelle se prescrit en principe par 10 ans (art. 2262bis, §1er de l'ancien Code civil). Attention toutefois : votre propre mise en demeure n'a pas interrompu ce délai (art. 2244 §2) — seule une lettre d'avocat ou d'huissier, ou un acte comme la citation, produit cet effet. Ne laissez donc pas dormir un dossier ancien.

Les intérêts courent-ils pendant qu'il fait le mort ?+

Oui, et c'est votre allié : la mise en demeure fait courir les intérêts au taux légal — 4 % en matière civile pour 2026, publié chaque année —, en principe à dater de la mise en demeure. Chaque semaine de silence coûte au débiteur, pas à vous.

Combien va me coûter la suite si je vais jusqu'au bout ?+

La conciliation est gratuite. La procédure contentieuse coûte 26 € à l'inscription au rôle, 50 € de mise au rôle perçus à l'issue à charge de la partie qui perd, et environ 300 à 450 € d'huissier pour la citation. MonRecours séquence les étapes pour que vous n'engagiez chaque coût que si le précédent n'a pas suffi.

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